Au pied du mur sans porte

22 janvier 2011 § Poster un commentaire

L’Echangeur à Bagnolet accueille pour quelques jours encore un spectacle écrit et mis en scène par Lazare, Au pied du mur sans porte : un jeune garçon des banlieues se fraie un chemin dans la vie entre sa mère, l’école et les autres. Drôlerie et trouvailles parsèment un théâtre un peu décevant.

C’est une salle comble et plutôt enthousiaste qui applaudit les comédiens : ils portent avec élégance et efficacité l’histoire d’un petit garçon qui a du « retard de l’école », comme le répète sa mère, une femme de ménage peu à peu dépassée par les évènements, qui grandit dans une classe et échoue dans une cave, entre les drogués et les prostitués. Tout au long de son apprentissage, son jumeau mort avant d’être né l’accompagne, tel un double fantomatique (magnifique Claude Merlin). Autour de lui évoluent maîtresse et directrice d’école (jouée par un homme, Yohann Pisiou), petite soeur fatiguée, dealer du quartier, et musiciens improvisateurs (Benjamin Colin et Frank Williams).

Ce théâtre d’objets est étonnant de trouvailles : ombres et lumières y jouent un rôle significatif, des peintures amenées avec fluidité viennent appuyer la trame, la musique ponctue le tout avec justesse, mais c’est surtout le travail des corps qui accroche l’attention. On s’agrippe, on se retourne, on se fouille, on se lèche, on se montre et on se cache sans jamais tomber dans le « préparé » ni le vulgaire. La prostituée à demi nue apparaît dans l’ombre, le jambon tentateur (incroyable trouvaille !) est incarné par un comédien enfermé dans une mini robe rouge… Le tapageur est suggéré avec finesse et humour. Le rythme auquel est conduit la pièce est impressionnant : jamais de temps morts ni d’essoufflement, les plus vieux dansent un rock endiablé, les plus jeunes incarnent avec intensité le drame familial.

Difficile malgré tout de savoir où l’on veut en venir. L’évocation poétique de la vie dans les banlieues (lesquelles ? où ça ?) semble effleurer une souffrance réelle mais lointaine. De passages merveilleux où la figure du double apporte une belle épaisseur dramaturgique, on passe à des scènes de flics et de zone qui ont du mal à traduire une errance que l’on devine, pourtant.

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