La Mélancolie des barbares

19 novembre 2012 § Poster un commentaire

Au festival Premiers pas du théâtre du Soleil, qui met à l’honneur de jeunes compagnies, le collectif Nose présente La Mélancolie des barbares de Koffi Kwahulé, dramaturge ivoirien installé en France, dans une mise en scène de Camille Marois et Laurent Franchi.

© Pavlos Métaxas / Collectif Nose

Dans une cité de banlieue anonyme, de jeunes adultes à peine sortis de l’adolescence se débattent avec la vie pour s’y frayer un chemin, entre corruption, mariage social et chômage. La langue de Koffi Kwahulé mêle mots familiers, sortis de la rue, et expression poétique, hissant ainsi les situations de ses héros au-dessus de la simple anecdote. Pourtant, la pièce touche tout particulièrement les adolescents, et cette cible paraît un peu étroite à qui a passé l’âge. La réflexion sur la religion par exemple n’est guère approfondie, comme celle sur les relations de pouvoir, et l’on peine à trouver de l’épaisseur aux personnages. Cependant, le collectif Nose est en parfaite cohérence avec le sujet de la pièce : en effet, il propose différentes actions culturelles auprès de publics scolaires, qui sont probablement un succès — bien que je n’y ai pas assisté, je présume que c’est le cas.

Dans leur mise en scène, Camille Marois et Laurent Franchi ont choisi de ne pas faire incarner le « méchant » de l’histoire par un acteur seulement, mais par tous les acteurs, sauf une, celle qui interprète sa jeune épouse, Baby Mo. Cette proposition est intéressante d’un point de vue dramaturgique : elle suggère qu’il n’y pas un « méchant » mais de la méchanceté en chacun, et que l’on ne se bat finalement que contre soi-même ; mais elle mène à quelques errances scénographiques sur le plateau — c’est toute la difficulté de l’exercice. De bonnes trouvailles de mise en scène portent des acteurs inégaux mais engagés, qui ne cherchent pas à se faire plus vieux qu’ils ne sont et veulent un peu trop « bien faire » au lieu de simplement « faire », un défaut qui de toute façon n’épargne pas grand monde, que l’on soit acteur ou non. D’une manière générale, les intentions sont trop évidentes, au détriment de ce qui advient réellement sur le plateau : un discours sexiste est dit par une femme pour une double dénonciation, les acteurs se changent à vue pour casser l’illusion théâtrale, etc. ; mais cela va dans le sens du texte. On aurait alors envie que quelqu’un le prenne à rebrousse poil et casse ces petits rouages propres.

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